Exercice de l'implantologie

L'exercice de l’implantologie s’inscrit dans le cadre plus général de la chirurgie dentaire et de la stomatologie.

Responsabilité contractuelle praticien / patient

1. Le praticien s’engage, sinon de guérir le malade, du moins de lui donner des soins non pas quelconques, mais consciencieux, attentifs et, réserve faite de circonstances exceptionnelles, conformes aux données acquises de la science. Il s’agit d’un véritable contrat bien que non écrit.
2. Ce contrat est bilatéral. Le patient accepte de se faire soigner. Il s’engage par là même à suivre les consignes, les prescriptions, les visites de contrôle nécessaires, ce qui prendra toute son importance en implantologie.
Le contrat étant clairement établi, il faut souligner que les contractants sont au nombre de deux : le praticien et le patient.

Obligation de moyens en implantologie

A - La demande du patient : consultation pré-opératoire
Cette consultation doit comporter un entretien avec le patient pour définir ses besoins et ses souhaits. L’explication des différents traitements doit avoir lieu après analyse de tous les éléments nécessaires qui vont être étudiés.

B - Bilan de santé
L’état de santé du patient doit être sérieusement évalué. Il est vivement conseillé de faire remplir et signer un bilan de santé confidentiel que le patient remettra directement au praticien.
Ce document permet : - de se faire une idée relativement précise de l’état de santé, des pathologies éventuelles et des médicaments pris par le patient ; - d’apporter une preuve irréfutable que l’examen de santé a bien été effectué.

C - Examen clinique
L’examen clinique est un élément fondamental. Il doit permettre d’évaluer :
- l’importance de l’édentement ;
- le volume osseux par palpation de la crête édentée ;
- l’état et la valeur intrinsèque des dents résiduelles éventuelles dans le cas d’un édentement partiel. L’indication implantaire n’est pas posée de la même façon si, pour une édentation unitaire, les dents bordant l’édentement sont saines et indemnes de toute lésion, ou si elles sont dépulpées et délabrées, ou déjà porteuses de coiffes prothétiques ;
- l’examen parodontal doit mettre en évidence des mobilités éventuelles et la présence de parodontopathies.

D - Examen radiographique
L’imagerie comporte, en général :
- une radiographie panoramique qui est le cliché le plus classique ; ce cliché nous paraît être obligatoire ;
- des radiographies rétroalvéolaires pour les secteurs dentés pour permettre d’analyser la valeur de ces dents, éventuellement en tant que support de bridge classique ;
- la tomodensitométrie ou scanner dentaire ou l’imagerie cone beam ou New Tom.

E - Les différents choix thérapeutiques
Le praticien doit informer son patient sur les différents traitements possibles de façon claire, en termes compréhensibles et de façon loyale, en analysant pour chaque type de traitement les avantages, les risques et les inconvénients.
Une fois en possession de tous ces éléments concernant le traitement proposé, son coût précis et global ainsi que les traitements de substitution envisageables dans son cas, le patient est en mesure de donner son consentement éclairé

F - Information au patient
En premier lieu, elle est apportée par les notes inscrites sur la fiche médicale du patient lors des consultations précédant la mise en oeuvre du traitement.
Ensuite, un plan de traitement détaillé est établi, étape par étape avec la durée prévue de chaque étape
Enfin, le devis clair et compréhensible est soumis au patient
Une fois en possession de tous ces éléments concernant le traitement proposé, son coût précis et global ainsi que les traitements de substitution envisageables dans son cas, le patient est en mesure de donner son consentement éclairé.

Responsabilité chirurgicale et prothétique

Un traitement implantaire peut faire l’objet d’une collaboration entre deux praticiens, l’un réalisant la chirurgie, l’autre la prothèse.
Le plan de traitement est fondamental : il doit faire l’objet d’une concertation entre les deux praticiens après étude approfondie du cas du patient. Une fois défini, il fait l’objet d’un document écrit et signé par les deux parties (patient et praticiens). Il devient donc commun aux deux praticiens.

Le chirurgien assume la responsabilité de la partie chirurgicale du traitement, depuis la mise en place des implants jusqu’au second temps chirurgical (dans la technique des implants enfouis). À ce stade, il contrôle l’ostéo-intégration sur les plans clinique et radiographique et, si le résultat est favorable, il avise par écrit le praticien qui doit réaliser la prothèse afin de lui indiquer qu’il peut commencer la réalisation prothétique, selon le plan de traitement initialement défini d’un commun accord.
Le praticien prothésiste doit contrôler lui-même la bonne intégration osseuse et gingivale des implants avant d’entreprendre la restauration prothétique, dont il assume la responsabilité.
Enfin, les deux praticiens doivent définir lequel d’entre eux devra assumer les contrôles périodiques ultérieurs et leur fréquence.
Remarque : il est clair qu’une faute chirurgicale évidente ne serait imputée qu’au seul chirurgien, et qu’une faute prothétique évidente ne serait imputée qu’au seul praticien prothésiste

Recommandations / dossier et documents

A - Fiche médicale du patient
Cette fiche retrace chronologiquement les différentes séquences de soins. Les prescriptions pré-opératoires et postopératoires doivent être notées avec le nom de chaque spécialité prescrite, sa posologie et la durée du traitement.
B - Documents fondamentaux
- le bilan de santé ;
- le plan de traitement/devis ;
- le consentement éclairé.
C - Éléments radiographiques
Les documents radiographiques et d’imagerie sont archivés et les comptes rendus des radiologues conservés
D - Modification du traitement
Si, au cours du traitement, le plan de traitement est modifié, par exemple parce qu’une dent que l’on pensait conserver doit être extraite ou qu’un implant supplémentaire doit être posé, il est impératif de faire un additif au plan de traitement/devis initial ou de refaire un nouveau document annulant et remplaçant le premier

 

Crédits et bibliographie